Procédure pénale
En bref
Lorsqu’un garçon ou une fille âgé de 14 à 17 ans commet un fait qualifié de délit, il n’est pas jugé comme un adulte. C’est la loi organique 5/2000 relative à la responsabilité pénale des mineurs (Ley Orgánica 5/2000, reguladora de la responsabilidad penal de los menores) qui s’applique (art. 1). Cette loi ne prévoit pas de peines, mais des mesures à finalité éducative, choisies en fonction de l’âge, de la situation familiale et sociale, de la personnalité et de l’intérêt du mineur (art. 7.3).
Si le mineur a moins de 14 ans, sa responsabilité pénale n’est pas engagée. Le parquet (Fiscalía) transmet le dossier à l’organisme public de protection de l’enfance, qui évalue sa situation et adopte les mesures de protection appropriées (art. 3).
Depuis la loi organique 1/2025, ces affaires sont jugées par la section des mineurs du tribunal de première instance (Sección de Menores del Tribunal de Instancia), qui siège en règle générale dans le chef-lieu de la province, Alicante, et remplace l’ancien tribunal pour mineurs (Juzgado de Menores).
La procédure applicable aux mineurs obéit à des règles propres, conçues pour protéger le mineur :
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L’article 7 de la loi énumère les mesures, de la plus restrictive à la moins restrictive. Parmi elles :
En règle générale, les mesures ne peuvent pas dépasser deux ans (art. 9.3). Le placement en régime fermé n’est possible que pour des délits graves, pour des délits moins graves commis avec violence ou intimidation ou avec un risque grave pour la vie ou l’intégrité des personnes, ou pour des délits commis en groupe ou pour le compte d’une bande ou d’une organisation (art. 9.2). Les faits non intentionnels ne peuvent jamais être sanctionnés par un placement fermé (art. 9.4).
Dans ces cas plus graves, la mesure peut atteindre trois ans si le mineur avait 14 ou 15 ans au moment des faits, et six ans s’il avait 16 ou 17 ans (art. 10.1). Pour les délits les plus graves, comme l’homicide, l’assassinat, certaines agressions sexuelles, le terrorisme ou tout délit puni de quinze ans de prison ou plus, le placement fermé est obligatoire : d’un à cinq ans pour les mineurs de 14 ou 15 ans et d’un à huit ans pour ceux de 16 ou 17 ans, suivi d’une période de liberté surveillée (art. 10.2).
La loi sur les mineurs offre des issues qui n’existent pas dans la procédure applicable aux adultes, et une bonne défense s’emploie à les obtenir :
Les parents, tuteurs, familles d’accueil et gardiens sont solidairement responsables avec le mineur des dommages et préjudices causés. S’ils n’ont pas favorisé le comportement par une faute intentionnelle ou une négligence grave, le juge peut modérer leur responsabilité (art. 61.3). C’est pourquoi il est préférable que les parents soient eux aussi bien conseillés dès le début.
Les mesures prononcées à l’encontre de mineurs sont inscrites dans un registre propre, distinct du casier judiciaire des majeurs. Plus d’informations sur notre page consacrée au casier judiciaire. Quant à la prescription, les délits moins graves commis par des mineurs se prescrivent par un an ; les délits graves, par trois ans, ou cinq ans si la peine prévue dépasse dix ans ; et les plus graves, conformément au Code pénal (art. 15).
La victime, et ses parents si elle est mineure, peuvent se constituer partie civile (acusación particular), demander des mesures et prendre connaissance de la procédure (art. 25). La responsabilité civile est réclamée par le parquet, sauf si la victime préfère le faire elle-même ou la réserver pour la voie civile (art. 61.1). Nous vous accompagnons en tant que partie civile. Si la victime est une jeune fille qui a subi des violences de la part de son partenaire ou des violences sexuelles, vous pouvez également consulter notre site spécialisé dans les violences faites aux femmes.
Chaque dossier est différent ; après l’avoir étudié, nous vous remettons un devis personnalisé et par écrit.
À partir de 14 ans. Entre 14 et 17 ans s’applique la loi organique 5/2000, qui prévoit des mesures éducatives au lieu de peines. En dessous de 14 ans, la responsabilité pénale n’est pas engagée : le parquet transmet le dossier à l’organisme public de protection de l’enfance (art. 3). À partir de 18 ans, c’est le Code pénal des adultes qui s’applique.
Oui, mais le placement en régime fermé n’est possible que pour des délits graves, pour des délits moins graves commis avec violence ou intimidation ou avec un risque grave pour les personnes, ou pour des délits commis en groupe ou en bande (art. 9.2 de la loi organique 5/2000). Il existe aussi des placements semi-ouverts, ouverts et thérapeutiques, ainsi que de nombreuses autres mesures sans placement.
La police doit le remettre en liberté ou le présenter au parquet dans un délai maximal de 24 heures. Le parquet doit décider, dans les 48 heures suivant l’arrestation, s’il le remet en liberté, renonce aux poursuites ou ouvre un dossier et demande des mesures provisoires au juge (art. 17). Pendant sa rétention, il doit être séparé des adultes et ses parents doivent être prévenus immédiatement.
Oui. Les parents, tuteurs, familles d’accueil et gardiens sont solidairement responsables avec le mineur de l’indemnisation des dommages et préjudices (art. 61.3 de la loi organique 5/2000). S’ils n’ont pas favorisé le comportement par une faute intentionnelle ou une négligence grave, le juge peut modérer cette responsabilité. La demande est examinée dans une procédure incidente au sein de la même affaire.
Dans de nombreux cas, oui. Pour les délits moins graves ou légers, le parquet peut renoncer aux poursuites ou demander le classement si le mineur se concilie avec la victime, répare le préjudice ou accomplit une activité éducative (arts. 18 et 19 de la loi organique 5/2000). L’équipe technique peut aussi proposer de ne pas poursuivre la procédure dans l’intérêt du mineur (art. 27.4).
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