Procédure pénale
En bref
Les antécédents pénaux (antecedentes penales) correspondent à l’inscription d’une condamnation définitive au Registre central des condamnés (Registro Central de Penados), qui relève du ministère de la Justice. Ils n’apparaissent que si un juge ou un tribunal vous a condamné par un jugement définitif. Une plainte, une arrestation ou une enquête classée sans suite ne génère pas d’antécédents pénaux.
Les antécédents policiers (antecedentes policiales) sont autre chose : ce sont les données que la Police nationale, la Guardia Civil ou la police régionale conservent dans leurs fichiers lorsqu’elles vous ont arrêté, contrôlé ou visé par une enquête. Ils peuvent exister même si vous n’avez jamais été condamné. Leur effacement suit une voie différente, que nous expliquons plus bas.
Les inscriptions du Registre central des condamnés ne sont pas publiques (art. 136.4 du Code pénal). Mais tant qu’elles sont en vigueur, elles sont consultées par les juges, par l’Administration dans les cas prévus par la loi et, en pratique, par toute entreprise ou tout organisme qui vous demande un extrait de casier.
Vous avez droit à l’effacement lorsque votre responsabilité pénale est éteinte (vous avez exécuté la peine ou elle s’est éteinte pour une autre cause) et que, en outre, les délais suivants se sont écoulés sans nouvelle infraction :
| Type de peine prononcée | Délai |
|---|---|
| Peines légères | 6 mois |
| Peines n’excédant pas 12 mois et peines pour délits non intentionnels | 2 ans |
| Autres peines moins graves inférieures à 3 ans | 3 ans |
| Autres peines moins graves de 3 ans ou plus | 5 ans |
| Peines graves (par exemple, prison de plus de 5 ans) | 10 ans |
Le délai court à partir du lendemain du jour où la peine a été éteinte (art. 136.2 CP). Si vous avez bénéficié du sursis (suspensión de la pena) et obtenu la remise définitive, le calcul est rétroactif : il se fait comme si vous aviez exécuté la peine dès le lendemain de l’octroi du sursis. Ce détail technique avance souvent la date d’effacement et mérite d’être vérifié.
La rédaction actuelle de l’article 136 ne fait pas figurer le paiement des dommages-intérêts (responsabilidad civil) parmi les conditions d’effacement. Elle exige en revanche que la peine soit éteinte : une amende impayée, par exemple, empêche le délai de commencer à courir.
Des antécédents non effacés peuvent vous fermer des portes longtemps après l’exécution de votre peine :
Si les conditions sont remplies mais que l’effacement n’a pas été effectué, le juge ne doit pas tenir compte de ces antécédents (art. 136.5 CP). Il reste toutefois bien plus sûr de les avoir fait effacer avant toute démarche.
L’effacement peut intervenir d’office ou à la demande de l’intéressé auprès du ministère de la Justice (art. 136.1 CP). En pratique, attendre un effacement d’office ne fonctionne pas toujours, et une simple erreur de dates suffit pour que la demande soit rejetée.
Les données des fichiers de police sont régies par la loi organique 7/2021 sur la protection des données traitées à des fins pénales (Ley Orgánica 7/2021). Vous pouvez exercer votre droit à l’effacement (derecho de supresión) lorsque la procédure est terminée : classement, relaxe ou acquittement, ou condamnation déjà effacée. Il faut fournir les documents judiciaires attestant le caractère définitif de la décision et la fin de la procédure.
Selon le portail électronique de la Police nationale, la demande auprès de ce corps est gratuite et doit être traitée dans un délai maximal d’un mois. Si vos données figurent aussi dans les fichiers de la Guardia Civil, la demande doit être adressée séparément à ce corps.
Il est fréquent qu’une personne acquittée ou dont l’affaire a été classée découvre des années plus tard qu’elle est toujours fichée. Si c’est votre cas, nous vérifions quelles décisions vous sont nécessaires et préparons la demande.
Chaque condamnation a son propre délai. Et comme l’article 136 exige que le délai s’écoule sans nouvelle infraction, un nouveau délit commis entre-temps empêche l’effacement. Il faut analyser l’historique complet.
Les mesures imposées par la juridiction des mineurs sont inscrites dans un registre propre, distinct de celui des condamnés majeurs. Si vous avez des doutes sur ce qui y figure, nous vous éclairons. Plus d’informations sur notre page consacrée à la responsabilité pénale des mineurs.
Tant que la peine n’est pas éteinte, l’effacement est impossible. Si la condamnation est encore à exécuter, une grâce peut être envisagée ou, si le jugement n’est pas encore définitif, un recours pénal.
Chaque dossier est différent ; après l’avoir étudié, nous vous remettons un devis personnalisé et par écrit.
Cela dépend de la peine : 6 mois pour les peines légères, 2 ans pour les peines jusqu’à 12 mois ou pour délits non intentionnels, 3 ans pour les autres peines moins graves inférieures à 3 ans, 5 ans pour celles de 3 ans ou plus et 10 ans pour les peines graves (art. 136.1 du Code pénal). Le délai court à partir du lendemain de l’extinction de la peine et suppose de ne pas avoir commis de nouvelle infraction.
La loi prévoit que l’effacement puisse intervenir d’office, mais en pratique ce n’est pas toujours le cas. Le plus prudent est de le demander au ministère de la Justice dès que le délai est écoulé, avec les documents prouvant que la peine est éteinte. Si les conditions sont remplies et que l’effacement n’a pas été fait, le juge ne doit pas en tenir compte (art. 136.5 CP).
Non. Seule une condamnation par jugement définitif génère des antécédents pénaux. Une plainte, une arrestation ou une affaire classée n’en génèrent pas, même si elles peuvent laisser des antécédents policiers dans les fichiers de la Police ou de la Guardia Civil. Ces données peuvent être supprimées en justifiant du classement ou de l’acquittement, conformément à la loi organique 7/2021.
La rédaction actuelle de l’article 136 du Code pénal exige que la responsabilité pénale soit éteinte et que les délais se soient écoulés sans nouvelle infraction, mais ne mentionne pas le paiement de la responsabilité civile. L’amende, si elle a été prononcée, doit en revanche être payée, car elle fait partie de la peine. Il convient d’examiner chaque cas avant de déposer la demande.
Une condamnation pour un délit intentionnel puni de plus d’un an de prison est un motif d’expulsion administrative d’un étranger, sauf si les antécédents ont été effacés (art. 57.2 de la loi organique 4/2000). C’est pourquoi, si vous êtes étranger, faire effacer vos antécédents dès que possible peut être décisif pour renouveler votre titre de séjour ou éviter une expulsion.
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