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Avocat en compliance pénale à Alicante

Si vous cherchez un avocat en compliance pénale à Alicante, nous vous accompagnons dans les deux situations possibles : préparer votre entreprise à prévenir les délits ou la défendre si elle fait déjà l’objet d’une enquête.
Celeste Pérez Bleda - Abogada de Violencia de Género
Relu par Celeste Pérez Bleda, barreau d’Alicante nº 7301 · Mis à jour en octobre 2026
Abogados delitos contra la seguridad y orden público (drogas, alcohol, etc)

En bref

Depuis 2010, une entreprise peut être condamnée pénalement en Espagne. L’article 31 bis du Code pénal espagnol la rend responsable des délits commis à son profit par ses administrateurs et dirigeants, ou par des salariés lorsque la surveillance a gravement fait défaut. Les peines vont de l’amende à la suspension des activités, à l’interdiction de contracter avec le secteur public ou à la dissolution (article 33.7). L’entreprise est exonérée si, avant le délit, elle avait mis en place et appliqué efficacement un programme de prévention conforme aux exigences légales. Si votre entreprise reçoit une convocation, elle doit désigner sans délai un représentant et un avocat.

Qu’est-ce que la responsabilité pénale de l’entreprise

L’article 31 bis du Code pénal espagnol (Código Penal) permet de condamner une personne morale, qu’il s’agisse d’une société commerciale, d’une association ou d’une fondation, dans deux cas :

  • Lorsque le délit est commis, au nom ou pour le compte de l’entreprise et à son profit direct ou indirect, par ses représentants légaux ou par les personnes habilitées à prendre des décisions ou disposant de pouvoirs d’organisation et de contrôle.
  • Lorsqu’il est commis par des salariés placés sous l’autorité des précédents, dans l’exercice des activités sociales et au profit de l’entreprise, parce que ces derniers ont gravement manqué à leurs devoirs de supervision, de surveillance et de contrôle.

La responsabilité de l’entreprise est indépendante de celle de la personne physique. Elle peut être engagée même si l’auteur précis n’a pas été identifié ou si la procédure n’a pas pu être dirigée contre lui (article 31 ter). Si les deux sont condamnés à une amende, le tribunal doit en moduler les montants afin que leur somme ne soit pas disproportionnée.

Sont exclus l’État, les administrations publiques territoriales et institutionnelles, les autorités de régulation, les agences et entités publiques à caractère commercial et les autres entités exerçant des prérogatives de puissance publique (article 31 quinquies).

Quels délits peuvent être imputés à une entreprise

Une entreprise ne répond que des délits pour lesquels le Code pénal le prévoit expressément. Parmi les plus pertinents pour toute activité :

  • Escroqueries (article 251 bis) et insolvabilités punissables (article 258 ter). Voir délits de sociétés.
  • Délits contre le Trésor public et la Sécurité sociale et fraude aux subventions (article 310 bis). Voir fraude fiscale.
  • Blanchiment de capitaux (article 302.2). Voir blanchiment d’argent.
  • Corruption et trafic d’influence (articles 427 bis et 430). Voir délits contre l’Administration publique.
  • Atteinte au secret et dommages informatiques (articles 197 quinquies et 264 quater). Voir cybercriminalité.
  • Propriété intellectuelle et industrielle, secret des affaires et corruption privée (article 288).
  • Délits d’urbanisme (article 319) et contre l’environnement (article 328).
  • Harcèlement sexuel (article 184.5) et trafic de stupéfiants (article 369 bis), entre autres.

Peines pour l’entreprise

Toutes les peines applicables aux personnes morales sont considérées comme graves. L’article 33.7 énumère les suivantes :

PeineLimite légale
Amende par quotas journaliers ou proportionnelleSelon chaque délit
DissolutionPerte définitive de la personnalité juridique
Suspension des activitésJusqu’à 5 ans
Fermeture de locaux et d’établissementsJusqu’à 5 ans
Interdiction d’exercer les activités dans le cadre desquelles le délit a été commisTemporaire, jusqu’à 15 ans, ou définitive
Exclusion des subventions, des marchés publics et des avantages fiscauxJusqu’à 15 ans
Placement sous administration judiciaireJusqu’à 5 ans

Pour prononcer les peines autres que l’amende, le juge apprécie leur nécessité pour empêcher la poursuite de l’activité délictueuse, leurs conséquences économiques et sociales, notamment pour les salariés, et la position de celui qui a manqué au devoir de contrôle (article 66 bis). Attention : la fermeture temporaire, la suspension des activités et l’administration judiciaire peuvent être ordonnées à titre de mesure conservatoire pendant l’instruction.

Le programme de prévention des délits

La compliance pénale est le dispositif qui permet à l’entreprise d’être exonérée de responsabilité. Si le délit est commis par un administrateur ou un dirigeant, l’exonération exige qu’avant le délit, l’organe d’administration ait adopté et mis en œuvre efficacement un programme d’organisation et de gestion adapté ; que sa supervision soit confiée à un organe doté de pouvoirs autonomes ; que l’auteur ait contourné le programme de manière frauduleuse, et que le contrôle n’ait pas été insuffisant (article 31 bis.2). S’il est commis par un salarié, il suffit d’avoir adopté et mis en œuvre efficacement un programme adapté (article 31 bis.4).

Selon l’article 31 bis.5, le programme doit :

  1. Identifier les activités dans lesquelles les délits à prévenir peuvent être commis.
  2. Établir des protocoles sur la manière dont se forment la volonté et les décisions de l’entreprise.
  3. Prévoir des modes de gestion des ressources financières qui empêchent ces délits.
  4. Imposer de signaler les risques et les manquements à l’organe de surveillance.
  5. Prévoir un régime disciplinaire sanctionnant les manquements.
  6. Être révisé périodiquement et en cas d’infractions ou de changements importants.

Dans les petites entreprises, celles autorisées à présenter un compte de résultat abrégé, l’organe d’administration peut assumer lui-même la supervision (article 31 bis.3). Si les conditions ne sont réunies qu’en partie, il en est tenu compte pour atténuer la peine.

Nous concevons le programme à partir des risques réels de votre activité, et non avec des modèles génériques : un programme qui n’existe que sur le papier n’exonère pas.

Si votre entreprise fait l’objet d’une enquête

La loi de procédure pénale (Ley de Enjuiciamiento Criminal) fixe des règles propres. La convocation est adressée au siège social et l’entreprise est sommée de désigner un représentant spécialement désigné, un avocat et un avoué (procurador) (article 119). Ce représentant s’exprime au nom de l’entreprise, avec le droit de garder le silence et de ne pas déclarer contre elle (article 409 bis). Il est préférable qu’il ne soit pas lui-même mis en cause à titre individuel dans la même affaire, afin d’éviter les conflits d’intérêts. Plus d’informations dans convocation en tant que mis en cause.

Circonstances atténuantes et casier judiciaire

Après le délit, l’entreprise ne peut atténuer sa responsabilité que si, par l’intermédiaire de ses représentants (article 31 quater), elle :

  • avoue l’infraction avant de savoir que la procédure est dirigée contre elle ;
  • collabore en apportant des preuves nouvelles et décisives ;
  • répare ou réduit le dommage avant le procès ;
  • met en place, avant le procès, des mesures efficaces pour prévenir de futurs délits.

Les peines prononcées contre les entreprises sont inscrites au casier judiciaire et effacées selon les délais généraux. En cas de dissolution ou d’interdiction définitive d’activités, les mentions sont effacées au bout de cinquante ans (article 136.3).

Questions fréquentes

Oui. L’article 31 bis du Code pénal permet de condamner des sociétés, des associations et des fondations pour les délits commis à leur profit par des administrateurs et dirigeants, ou par des salariés lorsqu’il y a eu un manquement grave au devoir de surveillance. Elles ne répondent que des délits pour lesquels la loi le prévoit expressément, comme l’escroquerie, la fraude fiscale ou le blanchiment.

Le Code pénal n’impose pas à toutes les entreprises d’en avoir un. Mais sans programme de prévention efficace mis en place avant le délit, l’entreprise ne peut pas bénéficier de l’exonération de l’article 31 bis. C’est pourquoi, en pratique, c’est le principal outil de défense d’une société face à une procédure pénale.

L’article 33.7 prévoit l’amende, la dissolution, la suspension des activités jusqu’à cinq ans, la fermeture de locaux jusqu’à cinq ans, l’interdiction temporaire ou définitive d’activités, l’exclusion des marchés publics et des aides jusqu’à quinze ans, et l’administration judiciaire jusqu’à cinq ans. L’amende est la plus fréquente ; les autres exigent une appréciation spécifique du juge.

Oui. La loi prévoit que dans les petites entreprises, celles autorisées à présenter un compte de résultat abrégé, l’organe d’administration puisse assumer lui-même la supervision du programme (article 31 bis.3). Le programme doit être proportionné à l’activité et à ses risques réels, sans la structure dont aurait besoin un grand groupe.

L’entreprise désigne un représentant spécialement désigné, qui comparaît avec l’avocat de l’entité (articles 119 et 409 bis de la loi de procédure pénale). Il a le droit de garder le silence et de ne pas déclarer contre l’entreprise. S’il ne comparaît pas, l’entreprise est réputée exercer son droit de ne pas déclarer.

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