Étapes de la procédure
En bref
Un recours est l’outil qui permet de demander à un juge ou à une juridiction supérieure de réexaminer une décision de justice que l’on estime erronée. Dans la procédure pénale, on peut contester presque tout : une décision qui rejette une preuve, la détention provisoire, un classement, un jugement de condamnation ou le montant d’une indemnisation.
Les recours peuvent être formés aussi bien par la défense que par l’accusation. Si vous êtes victime et que le juge classe votre plainte ou relaxe l’accusé, vous pouvez également faire appel ; nous l’expliquons sur notre page partie civile.
Deux idées clés avant d’aller plus loin :
Depuis la loi organique 1/2025 (Ley Orgánica 1/2025), les anciens tribunaux d’instruction et tribunaux pénaux sont intégrés aux tribunaux de première instance (Tribunales de Instancia), sous la forme d’une section d’instruction et d’une section pénale. Les recours contre leurs décisions sont tranchés par l’Audiencia Provincial. Vous pouvez voir comment ils sont organisés sur notre page consacrée aux tribunaux pénaux d’Alicante.
Pendant l’instruction, le juge rend des décisions (autos) qui peuvent vous être défavorables : rejet d’un acte d’enquête, mesure conservatoire, renvoi en jugement ou classement de l’affaire. Contre elles, on peut former :
En règle générale, ces recours ne suspendent pas la procédure pendant leur examen (article 766.1). Certaines décisions sont déclarées non susceptibles de recours par la loi, comme celle qui décide de poursuivre en procès rapide devant le tribunal de permanence. Savoir ce qui peut être contesté, et quand il est opportun de le faire, fait partie de la stratégie.
La détention provisoire (prisión provisional) est la mesure la plus grave qui puisse être ordonnée avant un procès. Elle n’est possible que si l’infraction est punie d’une peine maximale égale ou supérieure à deux ans de prison, sauf exceptions, s’il existe des raisons suffisantes de croire la personne responsable et si elle poursuit un but précis : éviter la fuite, la destruction de preuves, une atteinte à la victime ou la commission de nouvelles infractions (article 503).
La décision qui l’ordonne, la prolonge ou la refuse peut faire l’objet d’un appel traité en priorité, et le recours contre la décision de détention doit être tranché dans un délai maximal de 30 jours (article 507). Dans le recours, on peut demander une audience devant l’Audiencia Provincial (article 766.5).
La détention provisoire a aussi des limites dans le temps : en règle générale, un an si l’infraction est punie d’une peine allant jusqu’à trois ans et deux ans si elle est supérieure, avec une prolongation possible (article 504). Si un proche vient d’être arrêté, consultez notre page assistance en garde à vue 24 h/24 et l’article sur les différences entre détention provisoire et condamnation définitive.
Le jugement de la section pénale, l’ancien tribunal pénal (juzgado de lo penal), peut faire l’objet d’un appel devant l’Audiencia Provincial dans un délai de dix jours à compter de sa notification (article 790). Dans les trois premiers jours, on peut demander une copie de l’enregistrement du procès, ce qui suspend le délai jusqu’à sa remise.
L’appel peut se fonder sur (article 790.2) :
Ce n’est que de manière limitée que l’on peut demander de nouvelles preuves en appel : celles qui n’ont pas pu être proposées en première instance, celles qui ont été indûment refusées si l’on a protesté en temps utile, ou celles qui ont été admises mais non réalisées (article 790.3).
Autres cas : les jugements pour infraction mineure font l’objet d’un appel dans les cinq jours (article 976) ; ceux rendus en premier ressort par l’Audiencia Provincial, y compris ceux du tribunal du jury (Tribunal del Jurado), font l’objet d’un appel devant la chambre civile et pénale du Tribunal supérieur de justice (articles 846 bis a et 846 ter). Les jugements rendus sur accord (conformidad) ne peuvent être contestés que si les conditions ou les termes de l’accord n’ont pas été respectés (article 785.10). Si vous sortez d’un procès rapide, nous vérifions si c’est votre cas.
Le pourvoi en cassation (recurso de casación) est formé devant la chambre pénale de la Cour suprême (Tribunal Supremo). Il est ouvert pour violation de la loi et pour vice de forme contre les jugements des tribunaux supérieurs de justice et de la chambre d’appel de l’Audiencia Nacional. Contre les jugements rendus en appel par les Audiencias Provinciales, il n’est ouvert que pour violation d’une disposition pénale de fond (articles 847 et 849.1). Il se prépare dans un délai de cinq jours à compter de la dernière notification (article 856). C’est un recours technique et très formel.
La révision permet de rouvrir un jugement définitif dans des cas limitativement énumérés, par exemple lorsque apparaissent des faits ou preuves nouveaux qui auraient conduit à une relaxe ou à une condamnation moins grave, ou lorsque la condamnation reposait sur un document ou un témoignage déclarés faux par la suite (article 954).
Lorsque le jugement est définitif et qu’aucun recours n’est possible, il existe d’autres voies, comme la demande de grâce.
Si le procès a été mené par un autre avocat, nous pouvons aussi nous charger du recours. Chaque affaire est différente ; après l’avoir étudiée, nous vous remettons un devis personnalisé et écrit.
Cela dépend du type de jugement. Celui de la section pénale fait l’objet d’un appel dans les dix jours suivant la notification (article 790 du Code de procédure pénale espagnol). Celui d’un procès pour infraction mineure, dans les cinq jours (article 976). La cassation se prépare dans les cinq jours (article 856). Si le délai est dépassé, le jugement devient définitif.
Oui. La décision qui ordonne, prolonge ou refuse la détention provisoire peut faire l’objet d’un appel traité en priorité, et le recours contre la décision de détention doit être tranché dans un délai maximal de 30 jours (article 507). On peut en outre demander la remise en liberté au juge lui-même lorsque les circonstances qui justifiaient la mesure changent (article 539).
Seulement dans des cas très précis. Les jugements rendus sur accord ne peuvent être contestés que lorsque les conditions ou les termes de l’accord n’ont pas été respectés, et l’accusé ne peut pas contester sur le fond un accord donné librement (article 785.10). C’est pourquoi il est si important de bien évaluer l’accord avant de l’accepter.
Si vous êtes seul à faire appel, la juridiction ne peut pas aggraver votre situation : c’est l’interdiction de la reformatio in peius. Mais si le procureur ou la partie civile font également appel, la juridiction peut réexaminer le jugement en votre défaveur. Avant de faire appel, nous évaluons avec vous ce risque et vérifions si d’autres parties ont fait appel ou pourraient se joindre au recours.
Oui. Vous pouvez confier le recours à un avocat différent de celui qui vous a défendu au procès. L’important est de le faire au plus vite, car le nouvel avocat a besoin de temps pour étudier le dossier et, le cas échéant, l’enregistrement du procès, dans un délai qui n’est pas prolongé par ce changement.
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