Étapes de la procédure
En bref
La convocation en tant que mis en examen (citación como investigado) est la communication par laquelle un tribunal vous appelle à être entendu parce que, dans une procédure pénale, des faits susceptibles de constituer une infraction vous sont attribués. En 2015, le terme « investigado » a remplacé celui d’« imputado », précisément pour bien montrer qu’il n’implique aucune culpabilité.
Normalement, la convocation émane de la section d’instruction du Tribunal de première instance, l’ancien tribunal d’instruction (juzgado de instrucción), à la suite d’une plainte simple (denuncia), d’une plainte avec constitution de partie civile (querella) ou d’un procès-verbal de police. La loi impose d’informer la personne concernée de la recevabilité d’une plainte déposée contre elle (article 118.5 du Code de procédure pénale espagnol, Ley de Enjuiciamiento Criminal) et prévoit que le mis en examen doit être convoqué uniquement pour être entendu, sauf si son arrestation s’impose (article 486).
Être mis en examen ne fait pas de vous un coupable et n’entraîne pas d’inscription au casier judiciaire : seule une condamnation définitive y figure. Vous restez protégé par la présomption d’innocence. Mais ce que vous dites lors de cette première audition reste au dossier et peut peser lors du procès.
Ce qu’il est conseillé de faire dès réception de la convocation :
L’article 118 du Code de procédure pénale espagnol vous reconnaît notamment les droits suivants :
Lors de la première comparution, le juge vous informe des faits et vous pouvez vous entretenir en privé avec votre avocat avant et après l’audition (article 775). On vous demandera aussi une adresse en Espagne pour les notifications. Attention : si vous ne recevez pas ensuite les convocations à cette adresse, le procès peut, dans certains cas, se tenir en votre absence.
Le témoin est tenu de se présenter et de dire la vérité, sous serment ou promesse, et il peut commettre un délit de faux témoignage s’il ment (articles 410 et 433). Le mis en examen, en revanche, n’est pas tenu de témoigner contre lui-même et peut garder le silence.
Il arrive qu’une personne soit convoquée comme témoin dans une affaire où elle pourrait finir par être impliquée. Si c’est votre cas, consultez-nous avant de faire une déclaration : il faut évaluer s’il convient de demander à être convoqué en qualité de mis en examen, avec un avocat.
La plupart des affaires sont traitées selon la procédure abrégée (procedimiento abreviado), qui s’applique aux infractions punies de neuf ans de prison au maximum (article 757). La phase d’enquête s’appelle instruction préalable (diligencias previas). Le juge y réalise les actes nécessaires : auditions, expertises, documents ou analyse d’appareils.
L’instruction dure au maximum douze mois à compter de l’ouverture de l’affaire. Le juge peut ordonner des prolongations successives de six mois maximum chacune, toujours par décision motivée (auto) et avant l’expiration du délai (article 324). Le contrôle de ces délais fait partie de la défense.
Pendant cette phase, l’avocat peut proposer des actes d’enquête favorables : témoins, experts, documents ou enregistrements. Dans les infractions commises au sein d’une entreprise, la personne morale peut aussi être mise en examen ; nous l’expliquons sur notre page compliance pénale.
Nous avons réalisé plus de 1 200 conseils en stratégie pénale. Voici notre façon de travailler face à une convocation :
Si la plainte déposée contre vous est mensongère, en plus de vous défendre, une action ultérieure peut être envisagée. Nous en parlons sur notre page dénonciation calomnieuse.
Lorsque le juge estime que l’instruction est terminée, il rend une décision prévoyant l’une des issues suivantes (article 779) :
De nombreuses décisions du juge pendant l’instruction peuvent faire l’objet d’un recours : le recours en réformation (recurso de reforma) dans les trois jours et l’appel dans les cinq jours (articles 211 et 766). Nous l’expliquons sur notre page recours en matière pénale. Si vous êtes arrêté au lieu d’être convoqué, consultez notre page assistance en garde à vue.
Si l’affaire concerne des violences conjugales ou intrafamiliales, consultez notre site spécialisé abogadaviolenciadegenero.com.
Si vous ne vous présentez pas sans justifier d’un motif légitime, le juge peut transformer la convocation en mandat d’arrêt (article 487 du Code de procédure pénale espagnol). Si vous ne pouvez pas venir à la date prévue pour un motif justifié, votre avocat peut le signaler et demander une nouvelle date. N’ignorez jamais une convocation judiciaire.
Non. Seule une condamnation définitive est inscrite au casier judiciaire. Être mis en examen signifie qu’une procédure est ouverte dans laquelle des faits vous sont attribués, mais elle peut se terminer par un classement ou une relaxe. En attendant, vous restez protégé par la présomption d’innocence.
Oui. En tant que mis en examen, vous avez le droit de garder le silence, de ne pas faire de déclaration et de ne pas répondre à certaines questions, et cela ne peut pas être considéré comme une preuve de culpabilité (article 118). Vous pouvez aussi ne répondre qu’aux questions de votre avocat. C’est une décision stratégique à prendre après avoir vu le dossier.
La loi fixe un délai maximal de douze mois à compter de l’ouverture de l’affaire, que le juge peut prolonger par périodes de six mois maximum au moyen d’une décision motivée (article 324 du Code de procédure pénale espagnol). En pratique, la durée dépend de la complexité de l’affaire et des preuves restant à recueillir.
Oui. Vous avez le droit de consulter le dossier suffisamment à l’avance et, en tout cas, avant d’être entendu (article 118.1.b). Sauf si le secret de l’instruction a été déclaré, votre avocat peut accéder à la plainte, au procès-verbal de police et aux autres actes pour préparer la défense.
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